sylvie's profileBLEU COEURPhotosBlogListsMore ![]() | Help |
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Le rocher des larmesCela s’est passé il y a fort longtemps. Dans un petit village des landes, à l’abri des grandes villes et des tourbillons des voyageurs. Ce soir-là avait lieu la fête du village. Tous les jeunes gens des environs seraient présents pour s’amuser. Les amours étaient de la partie. Les préparatifs allaient bon train. Les jeunes gens étaient rieurs, gais. Le village sentait bon la joie de vivre et même les grandes personnes sentaient cette gaieté qui fleurait bon l’arrivée du printemps.
La nuit venait de tomber et les premiers airs de fête se firent entendre. Les tréteaux étaient couverts de victuailles. Le vin avait sa place aussi. De quoi passer une bonne soirée en somme. La musique battait son plein, les rires se faisaient plus forts, la nuit était enfin noire. Les jeunes gens allaient commencer à s’amuser, voire à se bécoter.
Elle était là, timide, au bord de la piste, attendant que celui pour qui elle avait le béguin vienne la chercher. Ils se voyaient régulièrement depuis plusieurs semaines. Quelques sourires, des mots, des effleurements… elle venait de l’apercevoir de l’autre coté de la piste de danse. Il était beau, riant à gorge déployée avec ses compagnons. Il traversa la piste et vint l’enlever à son petit coin pour la faire danser. Elle volait littéralement. Plus rien ne comptait que ses yeux dans les siens, ses mains sur ses hanches. La nuit ne devait pas s’arrêter !
Mais tout à une fin. Même les bals. Les jours se suivirent dans une lenteur morne. Elle ne le voyait presque plus où toujours accompagné de ses amis. Un jour elle l’attrapa à la sortie de la messe, prenant tout son courage. Elle lui dit qu’elle l’aimait et qu’elle attendait sa réponse pour savoir si elle comptait aussi pour lui. Ses yeux rieurs se plantèrent dans les siens. Puis lui prenant la main, dans un sourire indécent il lui dit ceci : « tu es mignonne fillette mais j’aime les femmes plus mûres, trouves-toi un homme de ton âge ; ce n’est pas ce qui manque ! »
Elle devint livide et pour épargner sa honte à tous, courut, courut aussi vite qu’elle le put. Des larmes froides coulèrent sur ses joues ; elle ne voyait plus rien, mais allait toujours aussi vite. Vite vers son lieu secret, son antre de la nature, là où la vie humaine s’arrêtait. Les branches lui zébraient le visage, sa robe s’accrochait sur les racines des arbres, plus rien ne comptait. Elle arriva enfin dans ce lieu mystère, là ou les oiseaux avaient élus domicile, là où les pins et la bruyère ne faisaient qu’un, là où cet éboulis de roches l’attendait, lui tendait les bras pour qu’elle s’y love.
Elle pleura, des heures durant, de tout son corps, de toute son âme. Elle pleura sans s’arrêter, sans hurler, doucement…
Son âme sentit alors quelque chose. Du plus profond de la terre, du plus profond de son éternité, le rocher eut pitié. Quelques gouttes d’eau commencèrent alors doucement à suinter du rocher. Elle sentit son âme s’alléger. Puis le suintement se fit ru. Elle se sentit encore mieux. Que voulait-elle en fait ? Le rocher se fit pressant. Il pouvait l’aider mais ne pouvait décider à sa place. Son âme alors décida de laisser son cœur !
Le rocher absorba sa plainte, son chagrin. Mais il la prévint, en s’abandonnant complètement, en vidant son cœur de son chagrin d’amour, elle ne pourrait plus jamais aimer d’un véritable Amour. Elle le sut, et l’accepta. La douleur qu’elle venait de quitter, jamais elle ne voulait avoir à la subir. Jamais plus ! Elle avait abandonné l’amour pur, pour ne plus souffrir…
Alors enfin libérée, elle quitta le rocher et le ru naissant et repartit vers les hommes.
De ce jour, la légende naquit. Les jeunes filles blessées d’un amour non partagé, venaient vers le rocher quand leur cœur avait été trahi. Certaines s’abandonnaient totalement, d’autres en partie seulement. D’autres encore, apeurées de sentir le rocher les consoler s’enfuyaient. Le ru se fit petite rivière et s’écoulait à travers les pins en direction de l’océan.
L’on dit qu’au printemps, parfois, quand on le trouve, quelque part au cœur de la forêt de pins, un léger goût de sel traverse la pureté de son eau. La beauté des angesC’est au premier étage d’un immeuble de bureaux, dans un petit deux pièces, que vit depuis plus de quarante ans Julienne. Un grand hall d’entrée, immense, la loge du gardien adjacente n’est séparée que par une porte vitrée qu’on voit le plus souvent fermée. Cet ancien immeuble d’habitations à laissé place aux bureaux depuis quelques années. Seule, rescapée de ce changement d’environnement, dans l’étroitesse de son chez elle, Julienne surveille les nouveaux visages qu’elle voit emprunter le palier. Sa porte est le plus souvent ouverte. Manière pour elle de voir le monde qui l’entoure et d’espérer rencontrer un sourire, entendre une parole qui lui fera oublier la solitude.
Seule, elle ne le fut pas autrefois. Du temps où son mari, commerçant de son état, avait loué cet appartement en face de sa boutique. Seule, elle ne le fut pas quand ses enfants parcouraient en se bataillant les quelques mètres carrés de leur pièce. La chambre de leurs parents semblait un tabernacle. On n’y entrait qu’en frappant ou en y étant invité. Alors le plus souvent, c’était sur le palier ou dans le hall qu’ils s’amusaient. Oui, elle fut heureuse ces années-là, quand leur fils revenu du régiment là-bas à Alger, posa la tête sur son épaule ; ou quand leur fille leur présenta son fiancé et que Dieu aidant, deux beaux enfants virent le jour.
Deux ombres au tableau ternirent son bonheur pourtant. La mort de son mari dans sa soixante-septième année et le fait qu’à trente-cinq ans, son fils n’était pas encore marié. C’est l’homme de la famille, la succession du nom qui coule dans ses veines. Elle le lui avant pourtant dit plus d’une fois, mais il ne semblait pas l’écouter ! Alors de guerre lasse, elle en prit son parti.
Et puis soudain la catastrophe. L’accident. Bêtement, comme tous les accidents de la circulation et l’hôpital. Six mois. La rééducation des jambes, longue, difficile et la souffrance sourde mais constante qui l’accompagne partout.
Il y a les enfants, pas ceux qu’elle a élevés, non, ceux-là n’existent plus ! Ceux qu’elle voit devant elle n’ont pas d’amour, pas de compassion, à peine de la pitié, mais surtout, oh oui ! Surtout de l’indifférence !
Les visites s’espacent, les montres indiquent toujours l’heure trop vite. Les recommandations sont pour la forme : »prends bien ton médicament » ; « fais attention à toi » Mais la blessure la plus profonde, c’est ce soi-disant intérêt pour sa santé et ce grand désintérêt envers l’argent qu’elle cache dans son linge, là-bas dans son deux pièces. Ses bijoux qu’il faut mettre à l’abri des voleurs… Elle n’ose pas refuser, elle à peur de les perdre, eux, la chaire de sa chaire, alors elle donne ses clefs.
La guérison est enfin là. L’ambulance la ramène. Elle ne pourra surement jamais plus marcher normalement, mais aidée par des béquilles, elle avance. Elle retrouve son chez elle avec joie. Le bonheur la fait même pleurer. Elle avait si peur que l’hôpital la garde ! Elle en fait le tour, comme pour s’assurer que ce n’est pas un rêve. Alors fatiguée, elle s’effondre dans un fauteuil. Elle pense qu’elle est heureuse, mais elle sait que ce n’est pas vrai. Car personne ne l’attendait là, devant chez elle ! A-t-elle tant vieilli ? N’est-elle déjà plus qu’une ombre ? Non. A la fin de la semaine son fils passe la voir. Il excuse sa sœur, trop de travail avec ses enfants ! Il rapporte les bijoux (sans grande valeur) et annonce à sa mère qu’il va lui éviter toute tracasserie administrative. Il lui suffit pour cela de signer ces papiers, là, sur la table, et il s’occupera de tout, même du loyer. C’est une mère aimante, elle n’ose pas lui demander les deux mille euros qui étaient cachés sous une pile de linge, et elle signe.
De ce jour, c’est vrai, elle ne s’occupe plus de rien !
Son fils lui a acheté une télé, pour qu’elle occupe ses journées ; sa fille lui a payé un four à micro-ondes pour qu’elle puisse faire chauffer les plats préparés qu’elle reçoit de mairie. Mais elle lave toujours son linge à la main. La fenêtre laisse passer les courants d’air, la pluie descendant du toit a tachée le mur et le sol. Les peintures seraient à refaire. Quand elle en parle à ses enfants, au téléphone, ils lui répondent qu’ils n’ont pas le temps, ou encore, qu’ils ne vont pas ennuyer le propriétaire avec ça. Alors elle se tait. Son bonheur, le seul qui lui reste, ce sont ces visages, ces voix qui font partie d’elle-même.
Dans sa solitude elle ne s’ennuye pas, car elle se rappelle les faits de son existence. Elle revoit année après année cette vie qui fut la sienne. Elle se dit que peut-être, un jour, ses enfants comprendront…
Pour elle, il est déjà trop tard. Demain peut-être, elle ne sera plus. Elle ne regrettera que l’Amour en ce bas monde. Mais elle sourit dans l’obscurité de sa chambre, car elle sait que bientôt, elle découvrira dans l’infinie blancheur des nuages, la beauté des anges ! Le coquelicotL’été battait son plein. La chaleur lourde de cette fin de journée noyait les moissons d’une couleur dorée. Ils étaient là enlacés en cette fin de journée, beaux. Ils s’aimaient. Ils s’aimèrent couchés dans ce pré. Seule la nature les entourait. Le chant des oiseaux leur servait de musique, le bruissement du vent, les entourait de chaleur fluide.
Ils s’aimèrent, complètement, totalement. Ils s’abandonnèrent l’un à l’autre pour l’éternité de cette fin de journée.
Avant de rentrer, il lui donna le plus beau des cadeaux d’amour, à porter sur son corsage, un petit coquelicot. Leurs sourires en dirent long sur ce moment unique, cette première fois que l’on rencontre avec tant d’angoisse et tant de volupté. Cette première fois ou l’abandon est total, unique, beau.
Puis ils se séparèrent. Le reste de l’été n’avait plus de raison d’être. Un étrange concours de circonstance les empêcha de se retrouver, de se toucher. Leurs regards pleins d’amour restaient accrochés en vain.
De cet été ne resta que le souvenir et ce petit coquelicot.
Les années se succédèrent. Ce petit coin de paradis résistait au temps. Et voilà que dix années plus tard, par le plus grand des hasards, ils se retrouvèrent.
Leurs regards n’avaient pas changé. Les yeux comme attirés par un aimant se rencontrèrent. Un étrange sourire se fit sur leurs visages. Une boule se figea au fond de leurs estomacs. Mais ils n’étaient plus seuls.
La vie les avait pris par la main, un tourbillon de rencontres, d’amours, les avaient contraints à oublier ces moments intimes passés dans le pré. Puis tout revint. Comme un feu d’artifice de souvenirs, tout ressurgit. Leur rencontre fortuite dans ce lieu unique à leurs yeux, avait le goût du secret. Des adultes aux yeux d’enfant ! Leur cœur s’emplit de bonheur mais leur corps resta de marbre. La vie avait fait son chemin, chacun avait rencontré son âme sœur, et la famille avait vu le jour…
Mais dans leurs yeux, dans leurs cœurs, une pensée fortuite se faufila. Que serait-il advenu d’eux si leur amour avait perduré ?
Le premier amour est le plus sincère, mais ils n’auront jamais la réponse à cette question. La vie les a entraîné dans son sillage, mais que serait-il advenu d’eux si à cet instant précis de leur jeunesse, ils avaient pris une autre route ?
Là, toujours accroché au revers de son chemisier, comme un médaillon, un petit coquelicot pointe son cœur !
Le chemin de pierresIl est là quelque part au bord de cette route. Je le vois, ça y est. Toujours aussi clair, aussi pourvu de pierres que la dernière fois ou nous l’avons emprunté, toi et moi. Je me rappelle de ton rire, de tes clins d’œil malicieux lorsque nous parlions de notre avenir, de nos enfants… tout n’était que bonheur et joie.
Mais voilà, aujourd’hui, je suis seul à le parcourir notre petit chemin de pierres. Il serpente le long de cette colline pour terminer sur son faite. Là, la vue est magnifique, la nature dans sa plus pure expression me tends les bras. Tu n’es pas là. Tu ne le seras plus.
Notre petit chemin de pierres était trop raide pour tes jolis petons. Tu n’y cessais de t’y tordre les pieds en rouspétant sur ces maudits cailloux qui roulaient, roulaient, sous tes pas. Leur taille diverse t’énervait car il fallait toujours être sur tes gardes.
Alors voilà quand un autre t’a indiqué une belle route en asphalte, tu n’as pas hésité. Plus de problème pour tes petits pieds, plus de soucis de taille ou de roulement. Le rêve en sorte.
Je suis là sur notre petit chemin de pierres et je sais qu’il restera à jamais ‘notre chemin’.
Je te souhaite le bonheur tant mérité sur ta jolie route. Un jour peut-être croiseras-tu de nouveau notre petit chemin de pierres…
Moi je vais redescendre vers la ville et oublier pour un temps les petits chemins de pierres, adieu mon cœur et que l’asphalte te guide sur la voie de l’amour ! le meunierEn ce temps là, le meunier était un homme d’importance. Les fermiers lui apportait leur blé afin qu’il le transforme en farine, et suivant la qualité du blé, la farine pouvait être plus fine, où plus noire…
Bref, le blé était l’aliment de base des repas, et il ne fallait pas oublier de faire son pain dans le four familial pour ceux qui avaient la chance d’en avoir un, ou auprès de leurs voisins. L’histoire que je vais vous raconter fait partie des légendes de la campagne. Une histoire magnifique et belle comme il n’en existe plus…
François, le meunier était un jeune homme de vingt-cinq ans. Il venait de prendre la suite de son père malade. Il avait appris le travail et le maniement du moulin depuis son plus jeune âge. Rien ne lui était inconnu. Il adorait son travail. Il aimait humer le blé quand il arrivait afin de deviner la grosseur de son grain. Il adorait passer ensuite ses doigts dans la farine afin de vérifier sa souplesse. Les odeurs de blé changeaient avec le temps. Le vent qui entrait de temps en temps par les ouvertures hautes, s’amusait à les disperser créant à son tour des odeurs nouvelles que seul un nez aiguisé pouvait détecter.
Ses journées se passaient ainsi, à moudre le grain, à surveiller que tout se passe bien. A vérifier que le grain n’était pas gâté ou envahi par quelques indésirables. Gaston et Farouche, ses chats l’aidaient dans cette tâche. Le moulin était toujours impeccable. Son père lui avait appris que le premier secret d’un bon grain est la propreté de la meule et de ses accessoires. Tout devait être propre. La petite rivière qui alimentait le moulin permettait aussi un nettoyage régulier.
Le printemps arriva plus tôt que prévu. Le soleil lui emboîtait le pas sans ce soucier des saisons. Quelle année encore pour le grain se dit-il. Le blé va donner à foison et il faudra travailler plus pour éviter les pertes. Pourvu que la pluie ne vienne pas gâter cette belle œuvre. Pour François, le travail était une œuvre. Pas n’importe laquelle, mais une œuvre d’art, qu’il aimait contempler avec le coucher du soleil quand la journée avait été bien remplie. Quelle magnifique destin que le sien. Il semblait combler et pourtant, dans son for intérieur il s’avait qu’il lui manquait quelque chose. Mais quoi ? impossible de le savoir.
La fête au village lui donna une réponse. Ses amis l’entraînaient régulièrement vers le bistrot, mais ce soir là, ils décidèrent d’aller danser sur la place du village, car les filles des alentours s’y trouvaient. La soirée fut emplie e rires, de chants et de danse. Mais François compris au petit matin que ces belles demoiselles n’étaient pas pour lui. Aucune n’accepterait de quitter ses parents ou ses champs pour passer ses jours dans le clair-obscur d’un moulin. Pourtant il était fier d’être considéré comme cossu. La bourse pleine et sans risque de perdre son travail. Mais voilà, les tâches étaient si importantes qu’il compris se soir-là que ce n’est pas dans les filles du village qu’il trouverait son bonheur. Certes elles dansaient avec lui, quelques unes acceptaient même un petit baiser dans l’obscurité, mais pas d’engagement. Antoine le patron du bistrot avait une fille, Sidonie qui plaisait bien à notre François, mais elle refusa son offre de partager sa vie ; elle ne voulait pas s’enterrer lui dit-elle, dans un moulin obscur alors qu’ici brillait la lumière…
Le moulin continua à moudre, François continua à travailler avec toute son âme pour la beauté de son œuvre, mais son cœur était triste. L’été arriva à grands pas, avec sa horde de chaleur suffocante. Le blé brûlait la gorge de François, mais les astuces de son père pour s’en défaire, n’entamaient pas sa bonne humeur.
Le vent sans crier gare, s’engouffra dans le moulin et vint agiter les grains dans leurs sacs. François en resta coi, car jamais le vent n’avait pu descendre aussi bas dans le moulin. Il fallait qu’il contrôle les planches afin de vérifier qu’aucun trou ne s’y trouvait. Une odeur de blé empli soudain ses narines. Une odeur légère, dorée, une odeur de blé coupé envahi le moulin. D’abord il ne vit rien, puis au fond, près des sacs ouverts quelque chose bougea. Un frisson le parcouru. Jamais encore il ne ressenti une telle force au creux de l’estomac, non pas comme un coup, mais comme un pincement. Il s’approcha et vit stupéfait, une jeune fille qu’il ne connaissait pas, se tourner vers lui. Leurs regards se confondirent et alors il sut. Il sut qu’elle était celle qui resterait avec lui, dans son moulin. Il sut d’emblée qu’elle aimait toucher ce blé si beau, si odorant. Il sut qu’elle n’avait pas peur du labeur. Il sut tout…
Les gens du village parlèrent. Des histoires farfelues virent le jour. Qui était cette belle étrangère, qui venait d’épouser notre meunier ? comment avait-elle fait pour traverser la campagne sans être vue, avec ce joli minois ? en plus, le soleil se reflétait dans ses cheveux brillants et blonds. Ce n’était pas une fille des alentours !
Jaloux me direz-vous, peut-être. Le bonheur de certains ne plait pas toujours aux autres… Et vous qu’en pensez-vous ?
Moi j’ai une petite idée : une idée folle, folle comme le blé quand le vent le secoue. Folle comme l’épi quand il vient d’être coupé. Le serviteur du blé ne pouvait être aimé que par le blé, car il connaissait ses forces et ses faiblesses. C’est du moins la légende qui le dit… |
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