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Au royaume de l'obscurité

Au royaume de l’obscurité.

 

 

C’était par un jour de grand vent. La tempête avait sévit la veille, mais le froid glacial de cette journée pénétrait tout ce qu’il rencontrait. Le matin était déjà bien entamé, et outre le souffle du vent et quelques oiseaux téméraires, le silence était présent. Des nuages courants dans le ciel, l’obscurcissaient par moment, lui conférant  une image de fin des temps…

 

Il était là, heureux, joyeux, bondissant, sans se soucier du temps. Petit être brun et jovial comme tout enfant de son âge. Quoi, huit, peut être dix ans ; guère plus. La maîtresse avait fini les cours plus tôt. Alors tout content de se promener dans les champs, sifflotant, il faisait la guerre aux cailloux, aux herbes folles qui lui chatouillaient les jambes. La maison était encore loin…

 

 Mais qu’importe car maître du monde, sa toute puissance lui donnait un pouvoir inégalé. Pouvoir surpuissant, médiateur à toute épreuve, tels étaient ses talents. Les plus hauts personnages du monde venaient écouter ses conseils. Quoi qu’il dise, on se retirait sans sourciller. Les temps étaient beaux, mais les nuages arrivaient. En effet, un jour, un homme vint à son tour demander conseil. Mais celui-ci ne lui plus pas. Alors dans une colère il menaça le maître d’usurpateur et déclara être son successeur.

Les camps se formèrent. Les rejetés, les traîtres, les jaloux s’allièrent à lui.  Les autres, ma foi, par respect, idées, ou altruisme restèrent fidèles.

 

Alors commença une guerre longue et fastidieuse de mots, écrits, chants et autres sermons, répétés dans tout le pays. Cela n’aurait eu de cesse si un jour, ou plutôt un soir, un fracas épouvantable ne vint arrêter ces bavardages. Il fut si retentissant que la nature un instant sembla muette. Nul n’osa parler. Tous les regards se portèrent sur le maître. Tous sans exception. Alors celui-ci, d’une voix forte ordonna la fermeture des portes et autres ouvertures. Il exigea la présence des habitants dans leurs foyers et fit prévenir de toute urgence les fermiers lointains de faire de même. La nuit serait longue.

 

Il passa. Silencieux et gigantesque. D’une couleur sans nom. Dans un silence glacial. Pas même le vent ne l’accompagna. Une obscurité laiteuse s’abattit sur le pays d’une lenteur inexplicable. Le maître même commença à penser qu’il se passerait des jours avant qu’Il ne s’éloigne. Alors attendons…

 

Les heures semblèrent bien longues !

 

Enfin, à un moment, un rayon de soleil osa toucher le sol. Un petit souffle de vent l’égaya. Le maître reprit espoir et fit dire de reprendre activités. Mais la prudence, fut de mise, et les habitants prirent leur temps. Aussi, quand enfin plus rien ne subsista, l’après-midi était bien avancée. Chacun fit le tour de chez lui, et réconforté, décida de remettre au lendemain les desseins oubliés.

 

Le maître, fatigué, se leva, et dans un regard circulaire, s’éloigna, un peu voûté.

Le temps, cet allié, peut se transformer en adversaire redoutable quand on le contrarie. Mais il existe des choses que le temps même ne peut arrêter.

 

 

La maison est déjà là ! S’étonna-t-il dans un frisson. Quelle surprise ça va être… Le soleil est encore haut, alors je pourrais jouer dans le jardin, dans la cabane ; mais j’ai promis à maman de ne plus rêver….