Perfil de sylvieBLEU COEURFotosBlogListasMás ![]() | Ayuda |
ECUMESEcumes.
Du fond de la mer, du fond de l’horizon, tout se confond. Ciel et mer se rejoignent dans une unité parfaite. Le temps, grand décideur des choses, peaufine le décor azuré en faisant se croiser des esquifs si frêles, qu’un simple souffle semble les briser. Quelle beauté sauvage demeure dans la contemplation de l’océan ! Rien ne paraît avoir changé depuis la nuit des temps. Immuable, telle est la nature. Et pourtant, les ères se succèdent, la technique avance sans rien pouvoir changer. Les marées riment la vie ; les nuages traversent le ciel, amenant des orages qui secouent les vagues. Le bleu infini se décline du clair au sombre. Comme si chacune des humeurs que l’on ressent, se répercutait dans l’humeur du temps. Que de nuances pourtant. Qui eut dit qu’autant de variantes puissent exister sur l’immensité de l’océan ! C’est peut-être le miroir de l’âme !
Que de sentiments confus m’animent ! J’ai l’impression que je contemple la mer pour la première fois. L’horizon ! Cette étrange ligne incurvée qui coupe en deux ce bleu intense. Nuages blancs au-dessus, écume blanche au-dessous ! Comme un reflet, tout se répète, se ressemble. Et ces vagues qui donnent vie, semblent apporter l’oxygène à cette étendue immense. Si au premier abord, la vue d’un si bel ensemble paraît froid ; après quelques heures de contemplations, de multiples indices montrent la chaleur que recèlent ces beautés. Les senteurs tout d’abord. Cet air salin si singulier, qui vous emplit de bonheur. On ne sait pourquoi du plus profond de son être le besoin est pressant de le respirer. Puis le vent qui l’apporte. Sa fraîcheur dicte l’humeur de la mer. Son intensité aussi. Et puis le cri des oiseaux si particulier, si beau, termine de confirmer son état sauvage. Enfin, parfois, quand la mer est calme, on voit sortir des poissons, habitants des profondeurs, à la recherche d’autre chose… et la boucle est bouclée quand les airs rejoignent la mer…
Je ne peux pourtant m’empêcher de frissonner. Que de funestes présages, que d’horribles tempêtes ont secouées nos entrailles. Combien de larmes ont rejoint cette eau salée ! Combien de vies a-t-elle gardées comme présents, en échange de ses merveilles. Que de combats a-t-elle supportées sans broncher ! Nous, petits tentant de la dompter. Ne nous a-t-elle pas prouvé que le dernier mot lui revienne ? On l’a salit, bannit, rejetée, coupée même par des digues pour mieux la dominer. Rien n’y a fait. Elle mène toujours le combat et est sûre de le gagner.
Le vent rafraîchit. Encore une tempête. Pourquoi ne puis-je venir me consoler par beau temps. Suis-je obligée de voir ces éléments en furie… Il y a si longtemps déjà ! Le souvenir est pourtant si limpide qu’aucune eau ne pourra l’effacer. Je me souviens de son sourire, de ses yeux bleus. De la façon dont il m’embrassait. De la chaleur de sa voix, et de son amour pour cette amante si perfide… Je me souviens de cette promesse que je fis, un jour, de ne jamais oublier. Je la regrette parfois. C’est si lourd à porter seule ! Mais n’est-ce pas aussi mon devoir ?
Alors pour toi que j’ai tant aimé, je me rappellerai cette journée. Et puis si je pleure, tant pis. Il me semblera pleurer la mer…
Je t’aime maman. Enfin tu partages le repos de ton homme. Là ou plus rien ne peut te le prendre, là où ensembles votre vie va commencer. la robe noireLa robe noire.
Le temps maussade de cet après-midi ne donnait pas envie de sortir. Un début d’automne en somme, réservé au week-end. Mais le bon coté c’est que cela permet de traîner au lit, de goûter un moment de détente en rêvant… et puis voilà, il faut quand même s’occuper alors donner un coup de pieds à ses rêveries et hop au boulot. Tant de choses à faire à la maison… par quoi commencer…ranger le placard, cela fait six mois que je le dis, alors je m’y attelle !
On ne s’imagine pas tout ce qu’on peut entasser durant ces longs mois à courir après son travail, un peu de loisirs et quelques achats pour le plaisir. Voilà les étagères qui croulent sous les vêtements… et bien maintenant je passe au tri.
Mais comment se séparer d’habits qui rappellent pour certains de bien bons souvenirs. Tiens ce chapeau, je l’ai mis pour le mariage de la cousine Eloïse. Quelle sacrée fête ça a été. Et le petit brun, il s’appelait comment déjà, ah oui ! François. Et ce tee-shirt, je l’avais porté pour la sortie du boulot. Certaines collègues en ont été jalouses, mais il a bien plus à certains…
Je ne peux vraiment pas me séparer de tout quand même. Tans pis, il est déjà tard, j’ai faim, je verrai ce que je peux virer cet après-midi.
Mais le repas fut sujet aux souvenirs. Nous passons beaucoup de temps au travail, parfois même on y passe trop de temps (du moins c’est ce que nous pensons) mais en fait, c’est grâce à lui qu’on profite encore plus des moments libres, on les déguste. Etre oisif n’est pas donné à tout le monde, même si tout le monde le souhaite secrètement, cependant, le travail permet une ouverture vers le monde, envers les autres, qui est riche d’expérience et de sagesse.
Bon maintenant il faut vraiment que je m’y mette. Je vire les étagères par terre, ce sera plus facile pour le tri. Je mets de côté les souvenirs, j’ai trop besoin de place…
Tiens ma vieille robe noire ! quand est-ce que l’ai portée ? oh, cela remonte à tellement longtemps… je me rappelle des pleurs et des rires aussi. Un beau soleil et la famille. Celle qu’il me reste du moins ; c’était une belle journée d’été, un très bel enterrement, la famille, les amis, une oraison très émouvante, les fleurs, les mains qu’on serre et ces rires en souvenir des bons moments, des derniers moments vécus avec le défunt.
Cette robe appartenait à ma mère, je n’avais rien d’autre ce jour là, c’est drôle d’ailleurs de savoir que j’ai défié l’interdit paternel le jour de son enterrement ! il ne le saura jamais, sauf si là-haut il entend tout. Tu ne souhaitais plus avoir quoi que ce soit à faire avec maman et pourtant, elle t’a accompagné papi pour ton grand départ. Le destin est risible, il tire les cartes de la vie et sème ses pions toujours où on ne les attend pas.
Cette robe papi je la garde en ta mémoire, et aussi pour me rappeler qu’il est plus facile d’interdire que de pardonner.
A un de ces jours papi… |
|
|